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Tristan Nitot sur les standards du Web, les navigateurs et la technologie


Articles les plus récents

Du danger de la centralisation

lundi 3 juillet 2017 par Tristan

Très bon papier de l’Imprévu : Bug de l’an 2000, on n’a encore rien vu. En voici la conclusion :

En somme, si faire appel à de plus gros acteurs répond à un besoin de réduire les coûts, il provoque une centralisation des services parfois gênante. Un constat valable également pour les logiciels : « Si tout le monde repose sur un acteur, les pannes ont des impacts beaucoup plus forts. Il y a aussi une question de diversité : si tout le monde utilise le même logiciel, quand il a un problème, tout le monde a un problème », ajoute Julien Rabier, associé co-gérant chez Sysnove (et membre de la société des amis de L’imprévu).

Une centralisation qui fait aujourd’hui figure de bête noire du monde numérique pour Tristan Nitot, le fondateur de Mozilla Europe. Outre les bugs occasionnels qui peuvent surgir de temps en temps — et ceux prévus comme celui de 2038 —, il faut se préoccuper du fait « qu’on est de plus en plus possédés par ce qu’on peut faire avec le numérique ». Ce sont nos données personnelles que nous confions aux géants d’Internet et qui, de fait, ne nous appartiennent plus, explique l’auteur de surveillance://.

Plusieurs services tentent de répondre à ces problématiques. C’est le cas de Qwant, un moteur de recherche made in France, qui surfe sur l’absence de flicage de ses utilisateurs, ou Snips, une start-up française d’intelligence artificielle. Citons encore Cozy Cloud, pour lequel travaille Nitot : « Un cloud éventuellement hébergé chez vous, avec un disque dur, vos données à vous et des applications qui tournent dessus et sans centralisation. Au lieu de mettre plein de données dans un algorithme central, celui de Google ou de Facebook, nous mettons des données dans des petits ‘récipients’, chacun son ordi avec ses données dedans ». Des projets au cœur d’une rude bataille. « C’est encore balbutiant, avoue Tristan Nitot, mais c’est essentiel de préparer l’après-Google, un Internet décentralisé, où les gens auront la maîtrise de leur informatique, de leurs appareils numériques, et de leurs données. »

On aurait donc tort d’avoir peur d’un bug à venir. En revanche, il devient nécessaire de prendre conscience de la façon dont sont utilisés nos données et autres outils numériques. « ”On sait que dans l’agroalimentaire, les cochons ne sont pas clients des fermiers, et on a tous l’impression d’être les clients de Google et Facebook : sur Internet, les clients ce sont les annonceurs publicitaires, nous on est le bétail », conclut Nitot. Un bétail qui ferait mieux de se prémunir du plus grand risque à venir, non pas celui d’une indisponibilité temporaire de nos services, mais celui du recours massif à de gros acteurs comme Amazon Web Service et consorts.


En vrac du mercredi

mercredi 28 juin 2017 par Tristan — En vrac

En vedette

L’été est déjà là, les vacances approchent, mais j’ai encore le temps de faire quelques présentations dans les jours à venir, où je vais parler vie privée, cloud personnel, self-data, souveraineté personnelle et logiciel libre :

En Vrac


Gmail et la pub

dimanche 25 juin 2017 par Tristan

La nouvelle est tombée et a surpris beaucoup de monde : Gmail ne sera plus utilisé pour vous pister !.

Attention, c’est facile de prendre l’information de travers. Voici quelques exemples :

Toutes ces affirmations sont fausses. Explications.

D’une part, Gmail va continuer à afficher de la publicité ciblée. Parce que c’est leur modèle commercial (88% de leurs revenus, quand même). Et ça risque de durer, même s’ils essayent de les diversifier.

D’autre part, Google va continuer à lire votre courrier, à vous et au 1,2 milliard d’utilisateurs. Pour en savoir toujours plus sur vous, vos centres d’intérêts, les personnes avec qui vous échangez et de quoi vous parler. Seulement, ils en savent déjà suffisamment par ailleurs pour cible leur publicité à partir d’autres sources comme vos recherches Google Search, votre position GPS via Google Maps, votre téléphone Android, vos clics sur les publicités, votre historique de navigation Chrome, etc.

Enfin, il va bien falloir croire Google sur parole, parce que leur code source est propriétaire et qu’il tourne sur leurs serveurs. Mais on espère qu’ils jouent franc jeu. Après tout, ils affirment que leur slogan est “don’t be evil”. Ah, ils ne le disent plus ? Mais pourquoi ?

Mise à jour : Le gros intérêt de la manip’, pour Google, c’est d’arrêter de violer le secret des correspondances (dans plein d’endroits civilisés, lire le courrier des gens est interdit par la loi). Google avait déjà eu des soucis avec la justice de Californie, et se met en conformité avec la nouvelle loi pour une république numérique, comme le rappelle Axelle Lemaire.


En vrac du mardi caniculaire

mardi 20 juin 2017 par Tristan — En vrac, CNNum, macron, surveillance, terrorisme

Tristan à moto au col du Mont Cenis

En vedette : déclarations tonitruantes et lois liberticides pour avoir l’air de faire quelque chose contre le terrorisme

c’est clair : si les doits de l’homme nous empêchaient de résoudre les problèmes de l’extrémisme et du terrorisme, nous changerons ces lois pour garder les anglais en sécurité  ;

En vrac

quitte à puiser dans la technologie de son époque le modèle d’un gouvernement, pourquoi emprunter celui des plateformes et des start-up ? (…) Après tout, quitte à puiser un modèle dans ce que nous permet la machine, il y a autre chose. Pourquoi ne pas aller voir quelles formes de gouvernement nous pourrions puiser du logiciel libre (“l’Etat logiciel libre”, ç’aurait de la gueule, non ?) ? Ou même du wiki, comme espace de partage et de co-élaboration (“Le wiki-état”, pas non plus, non ?”) ?


En vrac du mardi

mardi 6 juin 2017 par Tristan — En vrac

Des vacances qui vident la tête !

En vedette

Voici une lecture pas très récente mais importante : Le Paradoxe de la violence, et pourquoi le monde ne va pas si mal. Elle est à lire absolument ! En résumé :

  • Nous avons presque tous l’impression que le monde va de plus en plus mal, et devient de plus en plus violent ;
  • Pourtant, factuellement, la violence est en décroissance quasi-permanente ;
  • Mais on s’habitue à cette violence rare, et ce qui reste comme violence nous choque d’autant plus, nous apparaît encore plus insupportable maintenant qu’il n’y en a presque plus ;
  • Le terrorisme est statistiquement très peu dangereux, mais notre réaction au terrorisme peut être très dangereuse pour notre société, notre mode de vie, nos libertés. (je le dis souvent, mais ça fait plaisir de voir quelqu’un d’autre le dire).
  • Changeons nos habitudes de consommation des médias pour retrouver de la sérénité : moins de BFM (ou autre chaine d’actu anxiogène) et de Facebook, plus de documentaires, de livres, de magazines, pour s’intéresser aux problèmes de fond (chômage, réchauffement climatique, inégalités, injustices, dérives de la société face au numérique etc.)

En vrac

La principale source d’inquiétude des régulateurs (de la donnée personnelle) concerne les GAFA, qui dominent de la tête et des épaules le monde du numérique. L’effet de réseau, par lequel plus un service est utilisé plus il a de valeur pour l’utilisateur, a fini par tuer toute concurrence. Les GAFA verrouillent la collecte, les algorithmes de ciblage comportemental en temps réel et l’espace publicitaire.

Note

[1] Je réalise que j’avais levé le problème de l’imprimante délatrice… dès octobre 2005 !


En vrac avant les vacances

jeudi 18 mai 2017 par Tristan — En vrac

Je m’apprête à partir quelques jours à moto (j’ignore où, je vais choisir un endroit sec, beau et avec des virages). D’ici là, voici un peu de lecture. Je compte sur vous pour ne pas casser l’Internet d’ici à mon retour !

Votre serviteur à moto dans le Vercors


Syndrome de l'imposteur

samedi 13 mai 2017 par Tristan — Life Hacking

J’ai une petite baisse de moral ces jours-ci, et je tombe (par hasard ?) sur un texte sympa écrit en anglais et que je traduis ici.

Voici ce que raconte Neil Gaiman, célèbre auteur de la fameuse BD Sandman entre autres, à propos du syndrome de l’imposteur (le fait de se sentir nul au milieu de gens bien meilleurs) :

Voici quelques années, j’ai eu la chance d’être invité à un rassemblement de gens connus : artistes, scientifiques, auteurs et inventeurs de tas de choses. J’avais l’impression qu’à tout moment ils allaient découvrir que je n’avais pas le droit d’être ici, au milieu de tous ces gens qui avaient vraiment fait tant de choses.

Le deuxième ou troisième soir sur place, j’étais debout au fond de la salle pendant une performance musicale, et j’ai commencé à parler à un vieux monsieur très poli à propos de plein de choses, comme le fait que nous nous portions tous les deux le prénom Neil. Il fit un geste désignant cette salle pleine de gens et m’a dit un truc du genre « je regarde tous ces gens et je me dis, mais qu’est-ce que je fais là ? Ils ont fait des tas de trucs incroyables. Moi, je n’ai fait qu’aller là où on m’a envoyé. »

J’ai répondu : « c’est vrai, mais quand même vous étiez le premier homme sur la lune, ça n’est pas rien ! »

Et je me suis senti un peu mieux. Si Neil Armstrong se sentait comme un imposteur, peut-être que c’est le cas de tout le monde. Peut-être qu’il n’y a pas de surhommes, que des gens qui ont bossé dur, ont aussi eu de la chance et ont eu du mal à garder la tête hors de l’eau, tous ayant fait du mieux qu’ils pouvaient, ce qui est vraiment la seule chose qui compte.

Mise à jour :

Lors du déjeuner, je me suis souvenu de cette vanne fort peu charitable, mais amusante tout de même :

Le jour où tu as un coup de mou, où tu ne te sens pas à ta place, souviens-toi que David Douillet a été ministre !


En vrac, vers le ministère (ou pas)

jeudi 11 mai 2017 par Tristan — En vrac

En vedette

Tout à commencé par un tweet de Robin Berjon :

Les cop•a•in•e•s du Web: le gouvernement sera annoncé dans une semaine. Si vous aviez le choix de votre ministre de tutelle, qui serait-ce?

Florian Rivoal a eu cette drôle d’idée de répondre :

@nitot serait pas mal, je trouve.

Julien Wajsberg a dégoupillé la grenade :

URGENT: @nitot près à prendre l’économie numérique sous le PM approprié !

J’allais répondre que non, je n’étais pas intéressé. Et alors que je rédigeais le tweet, je me suis demandé : “et si ça arrivait, qu’est-ce que ça changerait pour mon pays ?”. Alors j’ai touitté ça :

Si je devenais ministre du numérique, quelle priorités choisir ? #libre #standards #crypto #privacy #innovation #empowerment #education

Un ouragan d’idées a déferlé sur Twitter en réponse. L’ami Daniel Glazman a eu la bonne idée de faire une compilation des ces idées : Et si je devenais ministre du numérique ?.

C’est Karl Dubost, qui a pris le temps de mettre ses idées par écrit, dans un format plus long : Tristan, Ministre de l’économie numérique.

Donc non, je ne serais pas ministre du numérique (sauf si on me force), pourtant ça pourrait changer pas mal de choses. En tout cas, c’était sympa de voir toutes ces suggestions émerger sur Twitter. Un immense merci à ceux qui ont participé à la conversation !

En vrac

Note

[1] Justement, les Conférences France Culture viennent de référencer ce débat sur les données personnelles, les algorithmes et la surveillance.


En vrac du mardi

lundi 24 avril 2017 par Tristan — En vrac

En vedette

Google ne résistera pas à l’envie d’écouter vos conversations, explique DHH à propos de Google Home, “l’enceinte à commande vocale qui fonctionne avec l’Assistant Google” :

Online advertising and privacy has always been at war. Listening in on your conversations because you placed an always-on microphone in your home is just the next obvious hill to capture. Google has already normalized reading your emails for context-aware advertisement. Listening to your dinner conversations is just a natural jump.

En français :

La publicité en ligne et la vie privée ont toujours été en guerre l’une contre l’autre. Écouter vos conversations parce que vous avez placé dans votre salon un micro toujours allumé est la prochaine étape à conquérir. Google a rendu normal le fait de lire vos emails pour générer de la publicité ciblée. Écouter vos conversations à table est naturellement la prochaine étape.

En vrac

Il y a déjà 15 jours, Cozy V3 sortait (enfin !) en version Alpha. Enfin, je dis “enfin”, mais nous étions quasiment à l’heure, mais c’est juste que le temps de cette réécriture nous a paru bien long. Une version Beta, qui sera testable à grande échelle, sortira avant l’été, avec une version finale à la rentrée de septembre. Sortie de Cozy V3 Alpha ! aka la lumière au bout du tunnel


En vrac du mercredi

mercredi 5 avril 2017 par Tristan — En vrac

En vedette : loi Renseignement, le retour

Max Schrems, l’étudiant autrichien en droit devenu avocat qui se bat contre Facebook est interviewé par Rue89 et il explique pourquoi on doit protéger sa vie privée.

Je pense qu’il existe deux niveaux de vie privée. Le premier, c’est le sentiment d’intimité. On est bien plus libéré, bien plus naturel, quand personne ne nous regarde. C’est une sensation globale de “liberté de vie”, que l’on veut protéger.

Et ensuite, il y a une autre problématique, plus réelle celle-ci, qui est celle de l’abus d’utilisation de nos données. Pas seulement la sensation que quelqu’un nous regarde, mais le fait que quelqu’un nous regarde et utilise ce qu’il voit pour faire quelque chose de mal.

Ce qui est amusant, c’est que dans un autre onglet de mon Firefox (excellent navigateur, vous devriez essayer !), on trouve l’info suivante, extraite du rapport relatif à l’activité de la délégation parlementaire au renseignement pour l’année 2016 (haut de la page 78) [1] :

L’algorithme est un système qui permet de déceler des comportements dangereux. Il n’a trait qu’à des données de connexion et il ne permet pas bien entendu – comme on a pu l’affirmer parfois au moment où le Parlement débattait sur la loi relative au renseignement – d’écouter directement l’ensemble des citoyens. Il permet seulement d’identifier des comportements particuliers. De la sorte, il respecte les principes fondamentaux qui régissent les libertés publiques, et, tout particulièrement, l’esprit de la loi du 6janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés – loi que la CNCTR est également chargée d’appliquer (article 41).

Je vous la refait en court, sans les incises ni le « bien entendu » de circonstance :

L’algorithme ne permet pas d’écouter directement l’ensemble des citoyens.

C’est factuellement vrai, mais c’est avant tout mensonger, ca là n’est pas la question. « L’algorithme » (on mettra des guillemets) fait que tout le monde est susceptible d’être mis sous écoute via ses méta-données. Donc tout le monde est potentiellement surveillé. Donc tout le monde perd cette « Liberté de vie » que décrit Max Schrems. Donc non, il NE respecte PAS les principes fondamentaux qui régissent les libertés publiques. Et c’est bien toute la raison qui fait que j’ai perdu beaucoup trop d’énergie dans la bataille (perdue, donc) contre la loi Renseignement et rend d’autant plus risible la fameuse photo de Bernard Cazeneuve avec mon livre Surveillance:// en main[2].

À propos de Surveillance://

En Vrac

Par exemple, pour une participation globale de 79 % avec 44 % d’intention de vote pour Marine Le Pen, elle obtient une majorité de 50,25 % si la participation pour elle s’élève à 90 % contre 70 % pour son challenger. Ainsi, un différentiel d’abstention de 20 points permet de gagner 6,25 points, et transforme 44 % d’intention de vote en 50,25 % de votes exprimés faisant élire Marine Le Pen.

Notes

[1] Trouvé via @OlivierTesquet, auteur du blog Boites Noires, un blog à suivre.

[2] Rappelons que Bernard Cazeneuve était à l’époque ministre de l’Intérieur avant de devenir premier ministre.


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