LoLiTa : Logiciels Libres à Tahiti et dans les îles
Déchets électroniques

Qu’allons-nous faire de nos vieux ordinateurs ?

samedi 6 octobre 2007 par Mrs Wilt

A l’approche des fêtes de Noël et de tous les nouveaux ordinateurs que le grand barbu va apporter dans sa hotte, bilan sur les options qui s’offrent à nous pour ne pas voir le lagon peuplé d’écrans cathodiques, de cartes mères et de claviers azerty...

Nous produisons 13 kilos de déchets électriques et électroniques par an et par habitant. Ils sont très polluants mais valorisables. Comment en produire moins et recycler le reste ? La loi française, désormais, oblige à faire des efforts... Mais qu’en est-il à Tahiti ?

Tous les pays membres de l’Union Européenne doivent mettre en place avant décembre 2006 un plan de recyclage des “DEEE” (déchets d’équipements électriques et électroniques). Vaste programme, qui nous concerne tous.

Paradoxes

Les DEEE sont très variés : appareils ménagers, jouets, outils électriques, matériel d’éclairage et bien sûr informatique et dérivés. Dans notre vie quotidienne, ils sont de plus en plus nombreux : on estime leur progression à près de 5 % par an. Ils sont souvent polluants : un écran d’ordinateur ou de télévision, les puces électroniques elle-mêmes contiennent des métaux lourds ou des produits dont la combustion peut donner des dérivés dangereux. Pourtant, ils sont valorisables, par recyclage ou réutilisation, à 85 %, à condition qu’on veuille bien s’en donner les moyens.

Les objectifs

Le premier objectif est évidemment de polluer moins. Mais le recyclage des DEEE peut apporter d’autres bénéfices : créer des filières spécialisées, amoindrir la fracture numérique...

La loi, côté fabricant

La nouvelle législation [1] impose des efforts à tous les niveaux, du constructeur au consommateur, en passant par les revendeurs. Le constructeur doit désormais mettre au point une traçabilité des matériels. Celle-ci doit aller jusqu’à la composition chimique des éléments, qui permettra un meilleur retraitement de ceux-ci. Dans le même temps, un effort sera fait dans le sens d’une simplification : certains appareils qui nécessitaient une vingtaine de matières plastiques différentes (dont aucune ne pouvait être recyclée de la même manière) voient déjà cette inutile complexité réduite à trois ou quatre matières différentes. Le constructeur doit aussi inclure dans le prix de vente de son matériel le coût de reprise et de recyclage futurs. Une somme relativement modique, qui correspond à environ 200 Fcp pour un ordinateur.

Côté commerce

Le commerçant, comme le fabricant, est astreint à la reprise des matériels anciens. Mais pas à Tahiti !!! Voici qui devrait inciter les utilisateurs à rapporter leurs vieux matériels quand ils achèteront du neuf. La loi prévoit, d’ailleurs, de punir de plus en plus sévèrement les dépôts sauvages, et d’encourager la collecte spécialisée et le cycle de la valorisation par le recyclage ou la remise en état.

Et à Tahiti ?

Le problème est que le recyclage des DEEE nécessite des entreprises spécialisées, qui n’existent pas en Polynésie française. En outre, nos îles sont loin : les 200 fcp d’éco-taxe pour le recyclage d’un ordinateur ne paieront pas son rapatriement en métropole, en Australie ou en Asie, d’où le risque d’un “flux non maîtrisé” qui désigne tout simplement l’atterrissage dudit ordinateur sur une plage ou au fond d’une vallée... La simple collecte des DEEE de la Polynésie française coûterait plusieurs dixaines de millions fcp par an. Encore faut-il les recycler ou les réexpédier ! Or, il n’y a pas d’unité de dépollution dans nos îles. Pour l’heure, le modeste pourcentage de DEEE collectés, [2] ou plutôt déposé par les entreprises locales, est stocké par la SEP dans des conteneurs en attendant une réexpédition vers la métropole, l’Australie, la Nouvelle-Zélande... ou un reconditionnement par des entreprises... qui n’existent pas encore. D’où l’implication de LoLiTa, et de la fédération des associations d’handicapés qui ont en commun le projet d’organiser un atelier de récupération d’ordinateurs obsolètes.

Autant dire que tout ou presque reste à bâtir, dans une coordination citoyenne entre vendeurs de matériel informatique, professionnels de la collecte, organismes publics et associations (le recyclage peut créer beaucoup d’emplois). Le tout pour que notre fenua ne croule pas sous les déchets...

[1] Depuis le 13 août 2005, les entreprises comme les particuliers ne peuvent plus jeter leurs déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE ou D3E) à la poubelle ou en décharge. La France a en effet publié le 20 juillet 2005 un décret transposé de plusieurs directives européennes relatif à la composition des EEE et à l’élimination des déchets qui en sont issus.

Concrètement, les utilisateurs ou détenteurs professionnels sont responsables de l’élimination des DEEE issus d’appareils mis sur le marché avant le 13 août 2005 (sauf s’ils en ont convenu autrement avec les producteurs). Pour les DEEE issus d’appareils mis sur le marché après le 13 août 2005, ce sont les producteurs qui doivent organiser et financer leur élimination (le producteur doit être identifié sur ces matériels et un pictogamme représentant une poubelle barrée, signifiant que le matériels doit faire l’objet d’une collecte sélective doit y être apposé). Un autre volet de la réglementation prévoit qu’à compter du 1er juillet 2006 les producteurs limitent ou suppriment la présence de substances dangereuses dans les EEE. Enfin, lors de la vente d’un nouveau matériel, le distributeur est tenu de reprendre gratuitement le matériel usagé que lui cède le client, dans la limite de la quantité et du type d’équipement vendu.

[2] pour 170 Fcp du kilo, tous déchets confondus


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